Le 1er mai est un jour chômé pour les salariés, sous réserve des exceptions prévues par la loi. Pourtant, beaucoup d’employeurs se demandent encore s’ils peuvent faire travailler une équipe ce jour-là.
Cet article précise dans quels cas on peut travailler ce jour-là, et à quel prix : la règle, ses exceptions, la paie et les risques en cas d’erreur.

Qu’est-ce que le 1er mai chômé ?
Le 1er mai est un jour férié et chômé. C’est la règle posée par l’article L. 3133-4 du Code du travail, et elle vaut pour tous les salariés.
Sur les onze jours fériés légaux, c’est le seul qui soit obligatoirement chômé. Pour les autres, l’employeur peut faire travailler sous certaines conditions. Le 1er mai, il doit donc partir du principe que le salarié ne travaille pas, sauf exceptions.
Le mot chômé prête à confusion, car il ne veut pas dire repos. La règle vise seulement les salariés : un artisan seul peut travailler le 1er mai.
Le chômage ne réduit pas la paie. Payé à l’heure, à la journée ou au rendement, le salarié reçoit une indemnité égale au salaire perdu. Pour chiffrer, on passe par la calculatrice d’heures de travail.
Qui peut travailler le 1er mai ?
Établissements dont la continuité est indispensable
Certaines activités ne peuvent pas s’arrêter, par leur nature même. L’article L. 3133-6 du Code du travail autorise alors le travail le 1er mai. Les hôpitaux et transports publics en font partie, au titre du service public.
L’employeur doit pouvoir expliquer pourquoi son activité ne peut pas s’arrêter ce jour-là. Dire qu’on est une activité continue ne suffit pas : l’examen se fait au cas par cas, selon les circonstances propres à l’établissement.
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Hôtels, restaurants et commerces de bouche
Seuls les établissements dont la nature de l’activité rend indispensable la continuité du travail peuvent faire travailler leurs salariés le 1er mai. Les restaurants commerciaux, eux, ne sont pas autorisés automatiquement à faire travailler leurs salariés.
Ils doivent démontrer pourquoi leur activité ne peut pas s’interrompre, comme les commerces de bouche. Cette différence surprend souvent, mais elle change tout pour l’employeur.
Une clause de convention collective qui prévoit une indemnité pour le travail du 1er mai ne suffit pas à l’autoriser. Une autorisation de déroger au repos dominical ne suffit pas non plus.
Le réflexe de croire que l’une des deux suffit est pourtant fréquent, et il coûte cher. Dans le doute, le salarié reste chez lui.
Quelle rémunération le 1er mai ?
Le salarié qui travaille légalement le 1er mai reçoit son salaire pour les heures faites, plus une indemnité égale à ce salaire. Sa paie de la journée est donc doublée.
Un bon réflexe : avant de se réjouir de ce gain, vérifier que l’employeur avait bien le droit de le faire travailler.
Le salaire d’un 1er mai travaillé se calcule différemment selon que le salarié est payé à l’heure ou au rendement.
| Critère | Payé à l’heure | Payé au rendement |
|---|---|---|
| Salaire de la journée travaillée | 7 heures à 12 € brut, soit 84 € brut | Le salaire correspondant à la production faite |
| Indemnité du 1er mai | 84 € brut, égale au salaire | Le salaire qu’il aurait perdu si le 1er mai avait été travaillé |
| Total perçu | 168 € brut | Salaire de la journée plus indemnité |
Quelles obligations pour l’employeur ?
Avant de faire travailler un salarié le 1er mai, l’employeur doit pouvoir prouver que la nature de son activité ne permet pas d’interrompre le travail.
Cette preuve se fait au cas par cas, jamais une fois pour toutes. Sans elle, le travail reste interdit, et l’exigence agace parfois, mais c’est la bonne.
Quand un salarié travaille le 1er mai, l’employeur doit respecter les règles suivantes :
- Verser le salaire de la journée travaillée, comme pour n’importe quelle autre journée de travail.
- Payer en plus une indemnité d’un montant égal à ce salaire, cette indemnité restant entièrement à la charge de l’employeur.
- Savoir qu’une convention collective peut prévoir des contreparties, mais qu’elle ne suffit pas, à elle seule, à autoriser le travail ce jour-là.
Quelles sanctions en cas de non-respect ?
La contravention de quatrième classe est plafonnée à 750 € pour une personne physique, mais le montant maximal encouru par une personne morale peut atteindre 3 750 € par salarié concerné : il faut donc préciser le régime applicable à l’employeur. Le montant paraît modeste, mais il se multiplie : une amende s’applique pour chaque salarié indûment employé ou rémunéré.
Pour une personne morale qui fait travailler dix salariés, le total peut grimper jusqu’à 37 500 € si une amende de 3 750 € est appliquée pour chacun d’eux, le calcul dépendant toutefois de la qualification exacte de l’infraction et du responsable poursuivi. Ce calcul surprend souvent, et il vaut mieux le faire avant de planifier les équipes.
L’Inspection du travail contrôle le respect de la règle. Ses agents peuvent dresser un procès-verbal et le transmettre au procureur de la République.
Le parquet décide ensuite des suites, poursuites ou classement. Ce n’est donc pas l’agent qui tranche. Mieux vaut vérifier la règle avant de planifier : un procès-verbal n’a rien d’une formalité.
Boulangeries et fleuristes : la tolérance de 2026
Le 17 avril 2026, le Gouvernement a demandé de la modération pour les ouvertures des boulangeries-pâtisseries et des fleuristes artisanaux le 1er mai 2026.
Un projet de loi doit encadrer le travail des salariés dans ces commerces, mais il n’est pas encore en vigueur. Une demande de modération ne vaut pas autorisation : il ne faut pas la lire ainsi.
En 2026, ces commerces n’ont pas de dérogation générale au chômage du 1er mai. Chaque établissement doit prouver que son activité ne peut pas s’arrêter ce jour-là.
Le Gouvernement a rappelé que l’inspection du travail peut dresser un procès-verbal, le parquet décidant ensuite des suites. Sans justification écrite, mieux vaut ne pas faire venir les salariés.
Le projet de loi pour 2027
Un projet de loi vise les boulangers-pâtissiers artisanaux et les artisans fleuristes. Le Sénat l’a adopté en première lecture le 16 juin 2026. L’Assemblée nationale doit encore l’examiner.
Le texte adopté par le Sénat reste un projet encore en construction : aucune entrée en vigueur automatique n’est fixée à ce stade, et son application dépend de la poursuite de la procédure parlementaire. Attendre le vote de l’Assemblée reste la position la plus sûre.
Pour travailler le 1er mai dans ces secteurs, trois conditions sont posées :
- Un accord de branche doit autoriser ce travail pour les boulangers-pâtissiers et les fleuristes.
- Seul le salarié volontaire peut travailler, et il doit avoir donné son accord écrit à son employeur.
- Le salarié reçoit son salaire pour la journée, plus une indemnité au moins égale à ce salaire.
Le 1er mai est chômé pour tous les salariés, et le travail reste l’exception. Seule une activité qui ne peut pas s’arrêter le justifie, et il faut le prouver.
Avant de planifier une équipe, il faut vérifier chaque cas et garder la preuve écrite. Une convention collective ou une dérogation au repos dominical ne suffisent pas à autoriser le travail.
Foire aux questions
Un salarié peut-il refuser de travailler le 1er mai ?
Oui, le salarié peut refuser de travailler le 1er mai, sauf si son établissement prouve que son activité ne peut pas s’interrompre.
Pour les boulangers-pâtissiers artisanaux et les fleuristes, le projet de loi, s’il était adopté, exigerait à la fois un accord de branche autorisant ce travail et en définissant les modalités, et le volontariat du salarié, avec son accord écrit.
Les jours fériés sont-ils payés double en restauration ?
Le doublement ne concerne que le 1er mai, et seulement si le restaurant peut justifier que son activité ne peut pas s’interrompre.
Dans ce cas, la paie de la journée est doublée. Pour les autres jours fériés, les règles dépendent de la convention collective.
Quelle est la réglementation de l’ouverture des magasins les jours fériés ?
L’ouverture d’un magasin et le travail de ses salariés sont deux questions distinctes.
Le 1er mai, un magasin ne peut faire travailler son personnel que s’il relève de l’exception pour une activité qui ne peut pas s’interrompre. Ouvrir le magasin ne suffit donc pas.