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Définition

CONGÉ PARENTAL

durée, conditions et indemnisation en 2026

Congé parental d’éducation : définition et cadre légal

L’essentiel à retenir

Le congé parental d’éducation permet à tout salarié justifiant d’1 an d’ancienneté de suspendre ou réduire son activité pour élever un enfant de moins de 3 ans. D’une durée maximale de 3 ans, il ouvre droit à la PreParE versée par la CAF. L’employeur ne peut pas le refuser : c’est un droit garanti par les articles L1225-47 à L1225-57 du Code du travail.

 

infographie congé parental

Le congé parental d’éducation est un dispositif qui permet à un salarié — père ou mère — de cesser temporairement son activité professionnelle ou de la réduire pour se consacrer à l’éducation de son enfant après une naissance ou une adoption. Contrairement au congé paternité (25 jours) ou au congé maternité, le congé parental s’étend sur une période pouvant aller jusqu’à 3 ans.

Encadré par les articles L1225-47 à L1225-57 du Code du travail, ce congé constitue un droit que l’employeur ne peut refuser dès lors que les conditions d’éligibilité sont remplies. La loi du 9 mars 2023 a simplifié les conditions d’accès, renforçant la conservation des avantages acquis pendant l’absence.

Un droit ouvert aux deux parents

Le congé parental est ouvert à tout salarié — homme ou femme — justifiant d’au moins 1 an d’ancienneté dans l’entreprise à la date de la naissance de l’enfant ou de son arrivée au foyer en cas d’adoption. Les deux parents peuvent en bénéficier simultanément, ce qui le distingue fondamentalement du congé maternité ou paternité réservé à un seul parent.

Durée et formes du congé parental

Le congé parental offre une flexibilité qui le rend adapté à des situations familiales très différentes. Le salarié choisit librement entre deux formes : le congé total ou le passage à temps partiel.

Caractéristique Congé total Temps partiel
Activité professionnelle Totalement suspendue Réduite (16h/semaine minimum)
Rémunération Aucune (sauf PreParE CAF) Proportionnelle au temps travaillé + PreParE partielle
Durée initiale 1 an maximum 1 an maximum
Renouvellements 2 fois (3 ans max.) 2 fois (3 ans max.)
Horaires Fixés d’un commun accord (sinon par l’employeur)

Durée maximale selon la situation familiale

La durée du congé parental est encadrée par le 3e anniversaire de l’enfant. Le salarié prend un congé initial d’1 an maximum, renouvelable 2 fois, dans la limite de la date butoir. En cas d’adoption d’un enfant de moins de 3 ans, les mêmes règles s’appliquent. Pour un enfant adopté de plus de 3 ans (et de moins de 16 ans), le congé parental est limité à 1 an non renouvelable.

Formalités de demande

Le salarié informe son employeur par lettre recommandée avec accusé de réception (ou remise en main propre contre décharge) au moins 1 mois avant le début du congé s’il fait suite au congé maternité ou d’adoption, ou 2 mois avant dans les autres cas. La demande précise la date de début, la durée souhaitée et la forme choisie (total ou temps partiel). L’employeur ne peut pas refuser.

À retenir
Le congé parental dure jusqu’à 3 ans (1 an + 2 renouvellements). Le salarié choisit librement entre congé total et temps partiel (minimum 16h/semaine). L’employeur ne peut pas refuser la demande.

Indemnisation du congé parental : la PreParE

Pendant le congé parental, le salarié ne perçoit aucune rémunération de son employeur (en cas de congé total). En revanche, il peut bénéficier de la PreParE (Prestation partagée d’éducation de l’enfant), versée par la CAF ou la MSA.

Conditions d’éligibilité à la PreParE

Pour percevoir la PreParE, le parent doit justifier d’une activité professionnelle antérieure dont la durée varie selon le rang de l’enfant :

  • 1er enfant : au moins 8 trimestres de cotisations vieillesse dans les 2 dernières années
  • 2e enfant : au moins 8 trimestres dans les 4 dernières années
  • 3e enfant et plus : au moins 8 trimestres dans les 5 dernières années

Montant de la PreParE (2025)

Situation Montant mensuel (taux plein)
Cessation totale d’activité ~428 €/mois
Temps partiel ≤ 50 % ~277 €/mois
Temps partiel entre 50 % et 80 % ~160 €/mois

Ces montants sont forfaitaires et identiques quel que soit le niveau de salaire du parent. La PreParE est versée pour une durée qui dépend du rang de l’enfant : 6 mois maximum pour le 1er enfant (par parent), et jusqu’au 3e anniversaire pour le 2e enfant et les suivants, à condition de partager entre les deux parents.

PreParE taux plein = ~428 €/mois (cessation totale, montant forfaitaire 2025)
À retenir
La PreParE est forfaitaire (~428 €/mois en cessation totale), loin du salaire habituel. C’est l’un des freins majeurs au recours au congé parental, en particulier pour les ménages à revenus moyens ou élevés.

Impact sur le contrat de travail et protection du salarié

Le congé parental entraîne une suspension du contrat de travail (en cas de congé total) ou une modification de la durée de travail (en cas de temps partiel). Cette suspension est encadrée par des garanties solides pour le salarié.

Ancienneté et congés payés

La durée du congé parental est prise en compte intégralement pour la détermination des droits liés à l’ancienneté (loi du 9 mars 2023). Concernant les congés payés, le salarié n’en acquiert pas pendant un congé parental total, puisque le contrat est suspendu. En revanche, en cas de temps partiel, les droits à congés sont calculés sur la base du temps effectivement travaillé.

Protection contre le licenciement

L’article L1225-4 du Code du travail interdit à l’employeur de rompre le contrat de travail d’un salarié pendant la durée du congé parental, sauf en cas de faute grave non liée à la parentalité ou d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la naissance ou à l’adoption. Cette protection s’étend jusqu’à 1 mois après le retour du salarié.

Droit au retour et entretien professionnel

À l’issue du congé parental, le salarié retrouve son poste précédent ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente (art. L1225-55). L’employeur est tenu d’organiser un entretien professionnel (art. L6315-1) pour évaluer les besoins en formation, définir un projet professionnel et faciliter la reprise. Cet entretien est obligatoire — son absence constitue un manquement sanctionnable.

À retenir
Le salarié en congé parental est protégé contre le licenciement. Son ancienneté est intégralement conservée. Au retour, un entretien professionnel obligatoire doit être organisé par l’employeur.

Congé parental et égalité professionnelle : un enjeu RH majeur

Le congé parental est au cœur des débats sur l’égalité entre les femmes et les hommes au travail. Les chiffres sont sans ambiguïté : les femmes représentent environ 96 % des bénéficiaires du congé parental d’éducation en France (DREES). Ce déséquilibre massif a des conséquences directes sur les carrières féminines.

Impact sur la carrière des femmes

Un congé parental de 2 à 3 ans crée une interruption de carrière significative : perte de compétences techniques, éloignement des réseaux professionnels, décalage par rapport aux évolutions du poste. Les études montrent que les femmes qui prennent un congé parental long subissent un écart salarial durable par rapport à celles qui reprennent rapidement. C’est l’un des facteurs structurels de l’inégalité de rémunération entre femmes et hommes.

Le levier RH : accompagner le retour

Les services RH ont un rôle déterminant à jouer pour limiter l’impact négatif du congé parental sur les carrières. Les bonnes pratiques identifiées :

  • Entretien professionnel systématique au retour (obligation légale, art. L6315-1)
  • Plan de formation adapté pour combler les écarts de compétences
  • Maintien du lien pendant le congé : accès à l’intranet, invitation aux événements d’équipe (sur base volontaire)
  • Incitation au partage entre les deux parents pour réduire la durée de l’absence de chacun

Vers une réforme du congé parental ?

Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent pour transformer le congé parental en un dispositif plus court mais mieux rémunéré, sur le modèle suédois. L’objectif : encourager les deux parents à y recourir et limiter les interruptions de carrière trop longues. En Suède, le congé parental de 480 jours est rémunéré à 80 % du salaire, avec 90 jours réservés à chaque parent. En France, la faiblesse de la PreParE (~428 €/mois) décourage de fait les pères et pénalise les mères qui s’y engagent.

À retenir
96 % des congés parentaux sont pris par des femmes. Ce déséquilibre renforce les inégalités salariales. Les RH doivent accompagner le retour (formation, entretien) et encourager le partage entre parents.

Congé parental en Europe : comparaison

Les politiques de congé parental varient considérablement d’un pays européen à l’autre. La directive européenne 2019/1158 impose un minimum de 4 mois par parent, dont 2 non transférables, mais les modalités d’indemnisation restent à la discrétion des États membres.

Pays Durée max. Indemnisation Part réservée au père
Suède 480 jours (partagés) ~80 % du salaire 90 jours réservés
Allemagne 14 mois (partagés) 65-67 % du salaire (plafond ~1 800 €) 2 mois réservés
France 3 ans ~428 €/mois (forfaitaire) Aucune
Espagne 3 ans (non rémunéré) Aucune
Pays-Bas 26 semaines par parent 70 % du salaire (9 premières semaines) 26 semaines réservées

La France offre la durée la plus longue (3 ans) mais l’indemnisation la plus faible en proportion du salaire. Le modèle suédois — plus court, mieux rémunéré et partagé — est souvent cité comme référence pour une réforme du système français.

À retenir
La France offre le congé parental le plus long d’Europe (3 ans) mais le moins bien indemnisé en proportion du salaire. Les pays nordiques privilégient un modèle plus court, mieux rémunéré et partagé entre les parents.

Conclusion

Le congé parental d’éducation est un droit fondamental du salarié, mais son utilisation reste profondément marquée par les inégalités de genre et une indemnisation trop faible pour inciter au partage entre les parents. Pour les directions RH, l’enjeu dépasse la conformité légale : accompagner activement le retour des salariés (entretien professionnel, formation, réintégration), encourager les pères à y recourir et intégrer le congé parental dans une politique globale de qualité de vie au travail sont des leviers concrets pour réduire les inégalités et fidéliser les talents.

Questions fréquentes sur le congé parental

Quelle est la durée maximale du congé parental ?

Le congé parental d’éducation dure 1 an, renouvelable 2 fois, soit 3 ans maximum jusqu’au 3e anniversaire de l’enfant. En cas d’adoption d’un enfant de plus de 3 ans, la durée est limitée à 1 an non renouvelable.

Un employeur peut-il refuser un congé parental ?

Non. Le congé parental est un droit du salarié garanti par l’article L1225-47 du Code du travail. L’employeur ne peut ni le refuser ni en modifier les dates, dès lors que le salarié remplit la condition d’ancienneté d’1 an et respecte les délais de prévenance (1 mois ou 2 mois selon les cas).

Combien touche-t-on pendant un congé parental ?

L’employeur ne verse aucune rémunération pendant un congé parental total. Le parent peut percevoir la PreParE (Prestation partagée d’éducation de l’enfant) versée par la CAF, d’un montant forfaitaire d’environ 428 €/mois en cas de cessation totale d’activité (montant 2025). Ce montant est identique quel que soit le niveau de salaire.

Le congé parental est-il ouvert aux pères ?

Oui, le congé parental est ouvert aux deux parents, sans distinction de sexe. Les deux parents peuvent même le prendre simultanément. En pratique, environ 96 % des congés parentaux sont pris par les mères, mais rien dans la loi n’empêche un père de bénéficier de ce droit dans les mêmes conditions.

Peut-on travailler à temps partiel pendant un congé parental ?

Oui, le salarié peut opter pour un congé parental à temps partiel au lieu du congé total. La durée de travail doit être d’au minimum 16 heures par semaine. La répartition des horaires est fixée d’un commun accord avec l’employeur ou, à défaut d’accord, par l’employeur.

Le congé parental compte-t-il pour l'ancienneté ?

Oui. Depuis la loi du 9 mars 2023, la durée du congé parental est intégralement prise en compte pour les droits liés à l’ancienneté. Le salarié ne perd aucun avantage acquis avant son départ et bénéficie des augmentations générales de salaire intervenues pendant son absence.